AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Le nouveau et la lune [ PV J. Eden ]

Aller en bas 
AuteurMessage
Alcimadure Bohff

avatar

Nombre de messages : 15
Date d'inscription : 16/10/2008

Secret Files
Powers:
Clan:
File Relations:
MessageSujet: Le nouveau et la lune [ PV J. Eden ]   Mer 22 Oct - 23:21

« -Merci beaucoup.
-Je s'rais toi, je ne resterais pas trop dans le coin, ça craint assez et la nuit va pas tarder à tomber... Enfin, moi j'dis ça, j'dis rien hein! »


Il s'en va, sa main me fait un vague signe avant de retomber contre la portière de son camion. Je n'attends pas de voir le camion rouge disparaître au coin du hangar déposer sa marchandise et me retourne pour chercher un endroit où me changer. Le quai et un lieu qui foisonne de recoins sombres; j'en choisis un qui m'a l'air aussi lugubre que les autres et sors de mon sac de voyage tout ce qu'il faut pour démarrer ma nouvelle vie. En rangeant ma montre dans la poche extérieure, je jette un coup et constate qu'il est déjà 19h30. Effectivement, la nuit va bientôt tomber et je ne sais pas où dormir... En fait, je ne sais absolument rien de cette ville, tous les gens que j'ai interrogé m'ont conseillé de ne pas y aller. Tous, sans exceptions. Comme si une aura maléfique enveloppait les rues et les hautes tours que j'ai entr'aperçu de loin avant d'arriver sur les docks.

Les quelques passants marchent d'un pas rapide, sans regarder autour d'eux de peur de voir...quoi? Je ne le sais pas encore, mais quelque chose me dit qu'un tel potentiel de peur doit forcément être utilisable à bon escient. Je peux enfin sortir de ma cachette, fagoté à faire peur, le visage livide et austère.

Je me dirige ensuite vers d'antiques casiers qui marchent à pièces pour y fourrer mon sac. Un démon avec un bagage de voyage ne fait très crédible, je viendrais le chercher plus tard dans la soirée. Je glisse une quarter pour bloquer le verrou et pars en direction de ce qui semble être le centre névralgique du quartier. En chemin, je m'arrête pour épier un instant celui qui a eu la bonté de me porter jusqu'à cet endroit miteux. S'il savait...


*Un bruit...!*

Je me retourne précipitamment. Le bruit de verre brisé provient d'un petit groupe de clochards faméliques qui semblent être au bord de la cachexie. Celui au visage noueux me fixe durement – c'est lui qui a jeté la bouteille. Les éclats de verre semblent briller dans le soleil couchant de Chicago et me dire : « Viens... Ils ont besoin de toi, et tu le sais... »

Je reste impassible, mais dans mon esprit tout devient clair. Je ne suis qu'un petit nouveau ici, et je dois faire mes preuves. De toute évidence, il faut d'abord que j'arrive à me faire une place parmi la lie de la ville : les sans abris qui n'ont même pas réussi à se faire une place dans les quartiers moins excentrés, rejetés par leurs compagnons d'infortune. J'ai de la chance, ceci dit : les désespérés, ça me connaît. En fait, je ne connais pratiquement que ça, des personnes qui ont besoin qu'on leur dise que tout va s'arranger et ceci même si c'est faux.

Je fais mon petit effet : ils se sont tous arrêtés de parler et me regarde. Le vent se lève, et les yeux du plus jeune aussi, vers la la lune montante comme dans une prière inutile. Je décide que j'ai assez attendu et me dirige vers le groupe en cercle devant un bidon qui n'accueille pas encore de feu nocturne. Je ne sais si c'est la peur ou la curiosité, mais aucun d'eux n'a bougé, si ce ne sont les yeux du jeune qui se sont rabaissés vers moi.



« Il y aura un mort ce soir parmi vous. Ça aurait dû être toi, mais ce sera probablement toi. » J'ai décidé que le vieux au visage noueux (sans doute leur chef) resterait en vie, je ne sais pas pourquoi – une envie, c'est tout, et que le jeune prieur devrait mourir. Ce soir. Je m'empresse de continuer : « Je vois mal votre futur mais il semblerait que le tien... oui, il semble s'éclaircir. Il se fait tard, prenez soin de vous. » Je regarde le petit jeune qui semble trembler mais je ne le jurerais pas, à cette heures les ombres commencent à s'allonger et les contours tremblent sous la lumière jaune des lampadaires.

Je me retourne et commence à m'éloigner du groupe qui reste silencieux d'incrédulité. Il va me demander des détails...ils en demandent tous, et c'est déjà la fin. Je procède comme un dealer : j'offre une première prophétie gratuite, la suite est payante.

« Attendez!... »

C'est le jeune futur mort qui m'appelle, mais je continue à leur tourner le dos. J'ai daigné m'arrêter, je trouve que c'est beaucoup déjà.

« C'est... c'est tout ?
-Que voulais tu de plus?
-Beuh....,
il semble hésiter. Moi pas.
-L'heure? Qui? Comment? Je devrais t'arracher les paupières pour espérer plus, mais je ne suis pas d'humeur à ça aujourd'hui d'autant plus que...
-Quoi? Quoi?! »


Je fais face au groupe et marche d'un pas lent jusqu'à mon interlocuteur qui s'est un peu détaché de ses compagnons. Arrivé à sa hauteur je m'approche de l'oreille tremblante et chuchote :

« D'autant plus que je pourrais te protéger contre ton ami qui te poignardera dans le dos. Si seulement vous pouviez faire quelque chose pour moi... »

La lune est maintenant bien visible, la nuit va être claire et fraîche. Ses yeux écarquillés tentent de lire dans les miens, placides. D'un signe de tête, il consent et m'amène auprès de ses congénères. Ensuite, il prend une allumette et la craque dans le bidon où un feu s'allume. Tous attendent une parole, un geste. Je m'assoie donc sur un cageot et commence :
« Vous ne resterez pas longtemps ici... Certains mourront et d'autres vivront d'ici trois mois dans l'un des plus beaux hôtels de la ville. C'est ce soir que tout se joue et.. »


Je ressens une douleur intense derrière mon crâne et le même bruit de verre brisé que tout à l'heure, mais en beaucoup assourdissant. J'ai l'impression que c'est mon cerveau qui a explosé comme du cristal. La nuit tombe beaucoup plus vite devant mes yeux et la lune devient noire, aussi noire que tout ce qui m'entoure.

~*~


« Ça en fera toujours un de moins. » déclare le type qui a une immense cicatrice sur le front, en regardant d'un air dédaigneux le corps d'Alcimadure, étendu sur le dos. C'est allé tellement vite que personne n'a vu le coup venir. Le jeune reste incrédule devant la violence du coup porté et se demande si comment il mourra ce soir.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Le nouveau et la lune [ PV J. Eden ]
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Eden Aindreis, la force du fruit~ [Descendu de sa Lune tout pour vous]
» nouveau laby ror et tot la solution pour le parcourir
» le nouveau gouvernement
» Nouveau parc industriel dans l'aire de l'Aéroport
» nouveau supplement-non officiel?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Devil's Absolution :: 
|| Chicago ||
 :: Hegewisch :: Industrial Zone
-
Sauter vers: